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![]() Suzanne Paquette Pulsion Tapisserie haute lisse, 170 cm x 260 cm |
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Depuis plusieurs années, ma production artistique et mes réflexions se sont attardées à l'exploration des relations et des analogies entre le textile et l'architecture, entre le vêtement et l'habitat. Ma production s'inscrit dans la poursuite de la pratique de la tapisserie de lisse, art d'expression qui à l'origine servait à habiller les murs et à réchauffer les lieux. De nos jours la fonction utilitaire relative à l'isolation étant reléguée au second plan, il n'en demeure pas moins que la tapisserie poursuit toujours ce rôle de façon symbolique. Tel un vêtement qui enveloppe le corps, pour le protéger et le parer en participant à l'expression de la personne, la tapisserie intégrée à l'architecture communique, par sa matière, un effet de bien-être et de chaleur. Elle est sensible et témoigne de la perception et de la compréhension de la société dans laquelle elle participe. La présence de la tapisserie dans un lieu offre une double lecture de l'habitat, en faisant référence à l'habitat textile qu'est le vêtement et en étant elle-même située à l'intérieur de l'habitat dans un continuum qui va de l'individu à la collectivité, du privé vers le public. L'habitat, par son architecture et ses ouvertures, pose une frontière et distingue la partie de nature privée de la partie publique. C'est ainsi que mes oeuvres récentes proposent des métaphores de l'habitat en tant qu'espace et frontière entre le privé et le public. Afin de communiquer cette notion de façon explicite, cette double référence est traitée à l'intérieur même de certaines oeuvres par la juxtaposition de deux factures textiles que sont le tissu et la tapisserie. Dans ce contexte, le tissu rappelle le vêtement et la tapisserie, de caractère unique, exprime toute la sensibilité et la particularité de l'individu. Par l'ajout d'un drapé qui enveloppe l'oeuvre tissée, la protège, la dissimule en partie pour mieux la mettre en évidence, ces oeuvres révèlent le rôle paradoxal du vêtement, soit de montrer ce qu'il cache et de cacher ce qu'il montre. Mon rapport au textile guide ma démarche de création et va au-delà de la matérialité de l'oeuvre. Il est la prémisse à la composition du carton. Tel un vêtement que je m'approprie en le superposant, en le modifiant et en le jumelant aux miens, je sélectionne des images sur lesquelles j'interviens par le dessin, la découpe et le collage jusqu'à ce que l'image produite soit mienne. Les choix que je fais et l'organisation de ces éléments ont pour but ultime d'offrir une image cohérente, reflet de ce que je suis, en tant qu'individu, et d'être l'expression de ma perception du monde. La pluralité d'interventions : photographies, pastel, peinture, assemblage et collage, point de départ de la conception de l'oeuvre, se retrouve unie dans la réalisation de la tapisserie par un geste continu, par la cohérence de la structure et la particularité de la facture. Les tapisseries, actuellement en cours de réalisation, sont constituées de deux espaces qui visuellement se superposent. Le drapé en tant qu'élément référentiel au vêtement, traité de façon explicite, ne s'y trouve plus mais la frontière y est toujours présente. Le caché et le montré se révèlent subtilement à cette frontière qui met en évidence la particularité de chacune des deux images. Celles-ci se distinguent par leurs textures, leurs couleurs et surtout leur énergie. Je réalise ces espaces qui m'habitent
et que j'habite, qui me réchauffent, me réconfortent
et me protègent tout en me dévoilant en partie. Suzanne Paquette (plan:14) 485, boul. Langelier #303 Québec (Québec) G1K 5P3 Tél.: (418) 523-1380, Fax : (418) 623-3420 |
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